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by • 28 mai 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor sarladais du 29 mai 2026.10

Essor sarladais du 29 mai 2026.

Avec les peintres impressionnistes de l’école de Crozant.

Le Tour des livres.

Dans son nouveau roman « Une autre étoile que la mienne », paru chez Calmann-Lévy, Corinne Javelaud nous fait découvrir l’univers des peintres pré-impressionnistes de l’école de Crozant, en Limousin, dont Monet fut membre. Antiquaire à Saint-Etienne, Gabie se voit proposer à l’achat trois bijoux anciens qu’elle reconnait aussitôt. En 1906, sa grand-mère, Pulchérie, serveuse dans un hôtel de Crozant où se retrouvaient les peintres, avait été injustement accusée de les avoir volés sur le corps d’une cliente décédée. Elle décide de mener son enquête pour rendre son honneur à son ancêtre, d’autant plus que le joailler qui lui a cédé les objets a disparu sans laisser de trace. Réfugiée auprès de son frère à Aubusson, Pulchérie est devenue ouvrière en tapisserie. C’est un cœur simple, en proie à la brutalité de la société, et aussi une âme forte, bien déterminée à réussir. Mais une malédiction semble la poursuivre : devenu la maitresse du fils du patron, elle est chassée par la famille qui ne veut pas d’une mésalliance. De son côté, Gabie remonte le temps en questionnant sa famille, puis celle d’un peintre dont Pulchérie était amoureuse. Ses voyages la mènent auprès de ses propres fils (Damien, lissier à Bruges et Pierre-Yves, créateur de mode à Milan), sur les traces de Pulchérie fuyant le malheur. Corinne Javelaud nous propose un excellent roman à la trame aussi dense qu’une tapisserie de haute lisse, rédigé d’une plume alerte et sensible, avec pour thèmes la souffrance générationnelle qui peut se transmettre dans une famille, et le rôle rédempteur de l’art.

Le Périgourdin Hervé Brunaux nous propose, chez Geste éditions « Cuisine au sang », un polar gastronomique qui est surtout un plaidoyer pour les paysans périgourdins perdus, révoltés, ruinés par des décisions lointaines qu’ils ne comprennent pas. Il nous fait vivre au quotidien la crise agricole, avec un savant tour du Périgord, où des hommes et des femmes souffrent, pris entre des normes européennes incompréhensibles et une bureaucratie française pesante et répressive. Pierre Pechmalou est un « gabelou » d’un genre nouveau : son métier, dont il a honte, consiste à repérer et à dénoncer les « défenseurs de la tradition », les fermes où on tue encore le cochon, où l’on fait encore des fromages au lait cru, où le bouilleur de cru travaille encore. Pierre est un individu frustré, solitaire, délaissé par son épouse et son fils, mal aimé par sa paysanne de mère. Pour se venger de l’humanité, il est devenu une balance, un traitre.

C’est en Périgord que la célèbre romancière Marie Vareille situe son nouveau roman « Nous qui avons connu Solange » paru chez Flammarion. Qu’est-ce qui a poussé Célestine à tuer sa demi-sœur Solange ? On découvre une enfance malheureuse au cœur de la ferme familiale en Dordogne, entre une mère prise par son travail et trop tôt disparue et un beau-père violent. Un univers désespérant et sans avenir.

Aux Presses de la Cité, Carole Duplessy-Rousée situe en Quercy blanc son roman « L’or du soir ». Renvoyé de la police parisienne suite à une bavure, Alek trouve refuge à Montaigu-de-Quercy. Alors qu’il se ressource dans la belle nature, il se porte au secours de Guillemette, maltraitée par un mari violent.

                                                            Jean-Luc Aubarbier.

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