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by • 12 février 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 13 février 2015.1570

ESSOR SARLADAIS du 13 février 2015.

couv pardonnable, impardonnable

 

 

PARDONNABLE, IMPARDONNABLE.

Le Tour des Livres.

 

Alors qu’il se promène à vélo, Milo, jeune garçon de 12 ans, fait une chute et reste dans le coma. Qui est responsable ? C’est sur ce questionnement que Valérie Tong Cuong pose la trame de son roman « Pardonnable, impardonnable », publié chez Jean-Claude Lattès. Milo était sous la surveillance de sa tante, Marguerite, une jeune femme vive, un peu écervelée, mais aimante et que l’enfant adore. En fait, Lino et Céleste, les parents, ont confié Milo à sa tante pour se rendre chez le notaire avec Jeanne, la grand-mère maternelle. Femme méchante et autoritaire, Jeanne veut défavoriser Marguerite au profit de Céleste, sa fille ainée. Sans cette malhonnêteté intellectuelle, l’accident ne serait jamais arrivé. Lino se reproche de ne pas avoir refusé cette donation ; Céleste ne supporte plus de voir sa mère s’immiscer dans les affaires du couple. Chacun rejette sa part de responsabilité et accable l’autre, pour mieux effacer sa faute. Tout finira bien, mais les blessures des secrets de famille ne s’effaceront pas.

Chez Gallimard, Anne Wiazemsky poursuit la rédaction de ses souvenirs dans « Un an après ». Un an après son mariage avec Jean-Luc Godard, la petite-fille de François Mauriac poursuit sa carrière d’actrice sur fond de Mai 68. Le tournage de « La bande à Bonnot » est interrompu. Godard se sent de plus en plus militant et préfère l’idéologie à la créativité, tandis que la jeune femme, prudente et plus distante, ne ressent qu’une velléité d’engagement. Elle observe Jean-Pierre Léaud essuyer soigneusement ses mains après chaque lancer de pavé, puis tirer les sonnettes en demandant de l’aide quand les CRS chargent. Le livre s’achève avec la fin du mariage.

Chez Fayard, l’Italien Andrea Camilleri nous propose « La secte des anges ».  En 1901, dans une petite ville de Sicile, la rumeur d’une épidémie de choléra se répand. Huit prêtres dénoncent un avocat, défenseur des petites gens, comme responsable de la maladie divine. En fait, il s’agit de dissimuler une ‘épidémie’ de grossesses chez des jeunes filles de bonnes familles à la moralité apparemment irréprochable. Toutes refusent de donner le nom du père.

Chez Autrement, l’Américain William Giraldi nous entraine dans les neiges de l’Alaska avec « Aucun homme ni dieu ». Les loups eux-mêmes fuient les grands froids, en emportant trois enfants avec eux. Refusant la fatalité, Medora demande à Russell Core, un écrivain spécialiste des loups, de retrouver son fils, ou ce qu’il en reste. Core va découvrir une réalité plus terrible encore. Quand Vernon Slone, le père, rentre du désert où il a combattu, il se lance sur la piste de sa femme qui, elle aussi, a disparu.

Spécialiste des titres à rallonge et des romans humoristiques, Romain Puertolas publie au Dilettante, « La petite fille qui avait avalé un  nuage grand comme la tour Eiffel ». Coincé dans l’aéroport par l’accès de colère d’un volcan islandais, Providence ne peut aller au Maroc soigner Zahera, l’enfant qu’elle a adoptée. Par amour pour sa fille, la jeune femme va-t-elle pouvoir accomplir le miracle de voler de ses propres ailes ?

Le Bordelais Robert Cavaillès a connu un destin peu ordinaire. Il a exercé en tant que prêtre avant de se consacrer à l’éducation nationale. Dans « Orgue et clairon », publié chez L’Harmattan, il raconte, dans un roman très autobiographique, l’histoire d’un séminariste qui découvre la rudesse du monde à l’occasion de la guerre d’Algérie. Sa vocation militaire en prend un coup, tandis que son humanisme met en doute sa vocation de prêtre. A-t-il vraiment choisi sa voie, ou lui a-t-elle été suggérée par quelqu’un d’autre ? Sans perdre pour autant la foi, il regarde désormais l’Eglise d’un œil neuf, bien peu dogmatique. Jusqu’où pourra-t-il aller pour gagner sa liberté, sans perdre son âme et ses valeurs ?

 

Jean-Luc Aubarbier.

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