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by • 9 mars 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Courrier français du 6 mars 2026.11

Courrier français du 6 mars 2026.

LA MAISON VIDE, LAURENT MAUVIGNIER, éditions de Minuit.

Avec La Maison Vide », publié aux éditions de Minuit, prix Goncourt 2025, Laurent Mauvignier nous offre un roman qui fait déjà partie des classiques de la littérature française. Le style proustien, aux phrases longues et rythmées, pour mieux dire le temps passé, convoque le souvenir et la transmission. Quand on rouvre la maison de sa grand-mère, restée  close depuis vingt ans, l’histoire de la famille revient comme un parfum dans la mémoire de l’auteur. Tout a commencé avec François, soldat de Napoléon, puis il y a eu le solide Firmin et Jeanne, son épouse discrète et énergique. Ecartant ses fils de la succession, Firmin a donné le pouvoir à son gendre, Jules, en lui faisant épouser Marie-Ernestine. Sa fille aimait son professeur de musique, elle consacrera sa vie à son piano. Jules meurt à la guerre en 1916, il a tout juste eu le temps de connaitre Marguerite, sa fille. Quelqu’un a déchiré, découpé, gribouillé les photos de Marguerite, la grand-mère de l’auteur. Pour quelle raison ? Sa vie dissolue a-t-elle à voir avec le suicide de son fils, le père de l’auteur ? L’histoire familiale nous est restituée en détail, avec des bouffées soudaines. La scène de la mort de Firmin est un morceau d’anthologie. C’est dire si cette maison vide est emplie des défunts qui y ont vécu. L’auteur se voit sur « la rive du temps », belle image pour désigner un écrivain qui veut rendre un peu de vie aux disparus.

                                                     Jean-Luc  Aubarbier, écrivain.

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