Ce que Rebecca ne disait pas, Claire Destriau, éditions de Borée.
Cinq adolescents, trois filles et deux garçons (on dirait une chanson de Marie Laforêt) forment le pentagramme amoureux du roman de Claire Destriau, paru chez de Borée « Ce que Rebecca ne disait pas ». Ils ont partagé les premières libertés, les amitiés sincères, les amours contrariées, à l’âge où tout est important. Rebecca aimait Virgil qui aimait Morgane qui aimait Max. Quinze ans plus tard, Morgane reçoit un courrier de Chloé « il faut qu’on parle de Rebecca ». Morgane, la narratrice, raconte les retrouvailles dans le petit village de leur enfance, avec Virgil et Max, autour de Chloé qui est resté au pays et concentre les ardents souvenirs. Rebecca n’est pas là. Chloé, qui a organisé le rendez-vous, révèle qu’elle a découvert un carnet écrit par la trop fragile Rebecca. Ils n’ont pas tant changé que ça, les anciens amis, ils ont juste perdus leur insouciance. Peut-être attendent-ils trop de ce rendez-vous qui doit permettre de chasser les blessures du passé. En parlant du moment le plus marquant de leur adolescence, ils évoquent les liens brisés, les émotions inavouées. Mais un fantôme plane au-dessus d’eux. Un roman tout en finesse, qui dit l’importance et la violence des amours d’adolescence qui peuvent marquer toute une vie. Dans son quatrième roman, Claire Destriau, qui vit près de Toulouse, explore les fissures de l’âme, les secrets enfouis, les destins à l’œuvre.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

Essor Sarladais du 20 mars 2026. Article suivant