SUSPENSES SCIENTIFIQUES.
Le Tour des Livres.
Avec « Ruptures », paru chez XO, Bernard Minier nous propose la troisième aventure de son héroïne espagnole, Lucia Guerrero, membre de la guardia civil. Au cours d’une gigantesque panne d’électricité qui paralyse l’Espagne, Emma Bosch, directrice de la filiale espagnole de StarCo, une multinationale américaine, est assassinée alors qu’elle se rendait au chevet de son père dont la vie dépend d’un respirateur artificiel. Chargée de l’enquête, Lucia découvre que plusieurs femmes, en Espagne et aux Etats-Unis, ont été tuées ; toutes travaillaient pour StarCo, toutes étaient enceintes. Milton Gail, le multimilliardaire propriétaire de StarCo, est un personnage fantasque, un des plus puissants de la planète, qui règne sur l’IA, la conquête spatiale et tous les domaines qui engendrent le futur (toute ressemblance avec Elon Musk ne doit rien au hasard). Lucia, qui n’a peur de rien, demande à pouvoir mener son enquête aux Etats-Unis (Gail est un grand ami du président Trump). Contre toute attente, le milliardaire invite la gendarme à mener ses recherches au sein de sa société si secrète ; il lui avoue même être le père de tous les enfants qu’attendaient les victimes. Un excellent thriller qui surfe sur le monde actuel et ses préoccupations les plus graves (écologie, liberté, etc).
C’est un suspense psychologique et scientifique que nous propose Michel Bussi avec « Que la mort nous frôle » paru aux Presses de la Cité. En 1953, près de Lausanne, le manoir des Amarantes reçoit de jeunes pensionnaires brisés par la guerre. Jeanne, psychiatre, s’intéresse en particulier à Téréza, orpheline rescapée du ghetto de Varsovie, et à Charly, un adolescent imprévisible et paranoïaque. Ce dernier est très marqué par la mort de son amie Pauline, une adolescente dépressive. Jeanne découvre que plusieurs pensionnaires sont décédés, en apparence de mort naturelle. Mais à quelles mystérieuses expériences se livre donc le docteur Gruber, le directeur de l’établissement ? Derrière le décor paisible du lac Léman et des sommets alpestres, le passé peut-il encore tuer ? Une quête de vérité en forme de labyrinthe dans lequel l’auteur nous manipule avec délices.
Chez Récamier, François-Xavier Dillard nous livre « La Ferme » un roman vertigineux sur les dérives de la science. En 2005, dans le petit hôpital de Divonne-les-Bains, le jeune interne Augustin Mauboussin est confronté à deux urgences et à un choix cornélien : une femme enceinte, grièvement blessée dans un accident de voiture, et une inconnue qui s’effondre, sur le point d’accoucher. Une des mères meurt, un des enfants survit. Vingt ans plus tard, ce choix va avoir des répercutions sur le destin d’Axelle, brillante étudiante à Polytechnique.
Chez XO, Olivier Bal nous entraine dans les zones d’ombre de l’âme humaine avec « Le Piège ». Depuis dix ans, Harry Miller traque Frank Lombardo à travers les Etats-Unis. Il le laisse disparaitre, recommencer sa vie. Quand il se croit libre, il referme son piège sur lui. Mais qui est le chasseur, qui est la proie ?
Jean-Luc Aubarbier.



Médiathèque Sarlat, samedi 12 septembre 2026. Article suivant