Le jour où je suis devenu un espion, Vincent Crouzet, éditions de l’Observatoire.
On connaissait Vincent Crouzet pour ses romans d’espionnage, pour ses apparitions à la télé et pour avoir été un agent de la DGSE. Avec « Le jour où je suis devenu un espion », paru aux éditions de l’Observatoire, il lève une partie du voile sur ses activités en tant qu’agent secret. C’est un livre étonnant. On se croirait plongé dans un roman de Graham Greene ou de John Le Carré, voire dans une aventure de Bob Morane. La jungle grouille de fauves et de guérilleros, les avions sont des épaves volantes pilotées par des fous, l’alcool et la drogue coulent à flot autour de créatures de rêves, les armes parlent toutes seules. Seulement ici, les tirs sont à balles réelles et les morts ne se relèvent pas. Dissimulé derrière la « légende « d’un marchand de café, Vincent Crouzet opère dans le sud-est de l’Afrique, entre l’Angola, le Zaïre et l’Afrique du sud. Les « méchants » sont Russes, Cubains ou Katangais (nous sommes dans les troubles années 90). On y croise Lord of War (qui a servi de modèle à Nicolas Cage), le chef de guérilla Jonas Savimbi et le romancier Henning Mankell. On y expérimente la fraternité d’armes (qui n’est pas un vain mot), le génocide tutsi, les diamants de sang. Le jeune Vincent apprend son « métier » d’espion comme un jeu (très dangereux), tout en observant la situation au second degré, avec des yeux qui ne jugent pas. Il n’oublie jamais qu’il est là pour servir son pays. Une lecture dont on ne sort pas indemne.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

Essor sarladais du 8 mai 2026. Article suivant