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by • 9 avril 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 10 avril 2026.20

Essor Sarladais du 10 avril 2026.

NOTRE AGENT EN ANGOLA. 

Le Tour des Livres.

  On connaissait Vincent Crouzet pour ses romans d’espionnage, pour ses apparitions à la télé et pour avoir été un agent de la DGSE. Avec « Le jour où je suis devenu un espion », paru aux éditions de l’Observatoire, il lève une partie du voile sur ses activités en tant qu’agent secret. C’est un livre étonnant. On se croirait plongé dans un roman de Graham Greene ou de John Le Carré, voire dans une aventure de Bob Morane. La jungle grouille de fauves et de guérilleros, les avions sont des épaves volantes pilotées par des fous, l’alcool et la drogue coulent à flot autour de créatures de rêves, les armes parlent toutes seules. Seulement ici, les tirs sont à balles réelles et les morts ne se relèvent pas. Dissimulé derrière la « légende «  d’un marchand de café, Vincent Crouzet opère dans le sud-est de l’Afrique, entre l’Angola, le Zaïre et l’Afrique du sud. Les « méchants » sont Russes, Cubains  ou Katangais (nous sommes dans les troubles années 90). On y croise Lord of War (qui a servi de modèle à Nicolas Cage), le chef de guérilla Jonas Savimbi et le romancier Henning Mankell. On y expérimente la fraternité d’armes (qui n’est pas un vain mot), le génocide tutsi, les diamants de sang. Le jeune Vincent apprend son « métier » d’espion comme un jeu (très dangereux), tout en observant la situation au second degré, avec des yeux qui ne jugent pas. Il n’oublie jamais qu’il est là pour servir son pays. Une lecture dont on ne sort pas indemne.

Chez Albin Michel, Thomas Snégaroff nous propose « La Conspiration », un roman vrai sur la tentation fasciste dans l’Amérique des années 30.  L’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne donne des idées à une poignée d’Américains influents, banquiers, industriels et militaires haut gradés. Ils sont « wasps », haïssent les Juifs, les Nègres les catholiques et les étrangers en général, et surtout le président Roosevelt accusé d’être tout cela à la fois. Pour garder une Amérique isolée des fracas du monde, ils imaginent s’appuyer sur les mouvements extrémistes : Ku Klux Klan, Sentinelles de la République, American légion, et surtout sur ses milliers d’anciens combattants de 14 – 18 que la crise économique laisse dans la misère. Pour réussir leur putsch, ils doivent convaincre leur chef, le général Butler, de se joindre à eux.  Heureusement, l’honnête militaire restera fidèle aux lois de la démocratie. Une histoire vraie qui fait froid dans le dos.

Avec « Des hommes de guerre », paru chez Belfond, Robert Harris nous raconte une autre histoire vraie. Nous sommes en 1914 et la guerre vient d’éclater en Europe. Le premier ministre britannique entretient une liaison avec la jeune aristocrate Venetia Stanley. Fou amoureux, il lui confie des secrets d’état répandus dans des lettres fougueuses. Elle est très curieuse, Venetia, et se renseigne sur la situation en Irlande, sur la marine et l’aviation, sur l’intervention dans les Dardanelles. L’habile sergent Deemer, des services secrets, intercepte la dangereuse correspondance. S’agit-il d’espionnage, de négligence ou bien confond-on des lettres d’amour et des messages secrets ?

Avec « Opération combinée », paru chez Gallimard, le Russe Mikhaïl Chevelev nous raconte une histoire à cheval sur la Russie et les Etats-Unis. D’origine russe, David vit avec sa femme et son fils à New York, mais son père est encore en Russie, otage du FSB. S’il veut le revoir vivant, il va devoir travailler pour eux.

                                                          Jean-Luc  Aubarbier.

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