La Résistance au cœur.
Le Tour des Livres.
La périgourdine Martine Delomme nous propose, dans son nouveau roman « La Résistance des cœurs », paru aux Presses de la Cité, un itinéraire personnel et géographique pendant les heures sombres de l’Occupation. En 1940, Helena, institutrice à Compiègne, se réfugie chez ses parents au moment de la débâcle. D’origine russe, ils ont une propriété, le domaine de Laroche, près de Limoges. Dès les premiers jours de la défaite, ils entrent en résistance, abrite des commandos britanniques, tandis que leur fils, Jacques, est pilote de chasse en Angleterre. Revenue à Compiègne, Helena, bien qu’elle assiste à la brutalité des nazis et à la révocation de sa collègue juive, n’est pas insensible au charme de Ludwig. Le goût commun de la musique la rapproche de l’officier allemand qui n’approuve pas le régime d’Hitler. Ils deviennent amants. Ludwig est muté dans l’Afrika korps au moment où Helena découvre qu’elle attend un enfant. Abandonnant son poste, elle regagne le Limousin et s’invente un amant parti à Londres. Elle donne le jour à une petite fille et se croit à l’abri. Mais, le 11 novembre 1942, les Allemands envahissent le sud de la France. Quelle va-t-être l’attitude d’Helena ? Son cœur la pousse vers la Résistance, comme le reste de la famille, mais elle porte un lourd secret.
Libraire à Clermont-Ferrand puis Paris, Patrice Pelissier situe en Berry son nouveau roman « Le Diable est dans la place », paru aux Presses de la Cité. En 1999, dans cette province, les Prieur sont victimes d’un accident de la route. Seule leur fille, Elisabeth, âgée de 10 ans, survit au drame. Vingt-cinq ans plus tard, elle quitte son confortable métier pour revenir sur le domaine des Arsots, leur ancienne propriété, pour y ouvrir une brasserie de bière. Obsédée par son passé, elle n’a pas oublié Nelly, leur voisine, qui harcelait ses parents pour qu’ils lui vendent leur bien. Elle n’a pas oublié non plus cette terrifiante silhouette d’un humain à tête de cerf qui apparaissait aux fenêtres des Arsots. Maintenant, elle veut savoir … et se venger. Une mise en scène du Berry, pays des sorciers, et du Dieu Cornu, figure emblématique du chamanisme, déjà présent sur les parois des grottes préhistoriques.
Chez le même éditeur, Caroline Herbau consacre son premier roman « Elne, les sages-femmes de l’exil » à un épisode peu connu des années 40. Alors que les réfugiés espagnols de la Retirada s’entassent à la frontière française, une femme héroïque, Elisabeth Eidenbenz, ouvre une maternité à Elne pour venir en aide aux femmes sur le point d’accoucher. Elle poursuivra son œuvre en accueillant des femmes juives et tziganes poursuivies par les nazis.
Chez de Borée, Karine Lebert situe à la même époque, 1940, son roman « Loin de Margaux ». Pendant l’exode, une petite fille est kidnappée par Clémence, une jeune femme en mal d’enfant. Margaux accepte son sort, sans oublier pour autant ses parents naturels qui la cherchent dans le désordre de l’Occupation. Jusqu’où une femme peut-elle aller pour devenir mère ?
Jean-Luc Aubarbier.



Courrier français du 13 mars 2026. Article suivant