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by • 5 octobre 2023 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 6 octobre 2020.274

Essor Sarladais du 6 octobre 2020.

Rentrée littéraire au féminin.

Le Tour des Livres.

    Pour cette rentrée littéraire 2023, Stéphanie Hochet nous propose un roman très habile et passionnant avec « William », publié chez Rivages. Que s’est-il passé dans la vie de William Shakespeare, entre l’an 1585, où il est marié et jeune père de famille, et 1592 où il devient un auteur de théâtre reconnu ? Celui qui rêve de devenir acteur s’enfuit, loin du carcan familial, avec une troupe de théâtre, les Comédiens de la Reine. Il mène une vie errante, découvre l’Angleterre, le métier de comédien, avant de pouvoir gagner Londres où sévissait la peste. L’auteure nous montre comment diverses rencontres vont inspirer ses futurs œuvres. Il est, en quelque sorte, la matière de ses livres (j’avoue avoir envisagé de lui faire rencontrer Montaigne, dans mon « Chevalier du Soleil »). Stéphanie explore également dans cette vie cachée, les thèmes récurrents que l’on va retrouver dans ses pièces : l’androgynie (les femmes n’ont pas le droit de monter sur scène), la fuite, l’emprise de l’âge, et le rôle fondamentale que va jouer sa rencontre avec un autre génie : Christopher Marlowe.

Elle nous avait enchantés avec « Soleil amer », la romancière d’origine algérienne Lilia Hassaine nous propose « Panorama », chez Gallimard. Un roman d’anticipation, en 2049, un peu à la manière du dernier Douglas Kennedy. Dans un monde entièrement contrôlé, aseptisé, où tout est diffusé sur le net, où les murs sont transparents afin que personne ne cache rien à ses voisins, une famille disparait. La narratrice, une policière, est chargée de l’enquête. Dans ce monde, il n’y a plus de justice : l’opinion populaire suffit à désigner les coupables et à décider des sanctions. Pourquoi les Royer-Dumas et leur fils Milo auraient-ils quittés leur quartier parfait ? Certes, Miguel, le père, est un réfractaire à la Transparence (la doctrine officielle et obligatoire). Comment peut-on et ose-t-on libérer ses fantasmes, ses pulsions dans cet univers qui ressemble à celui vers lequel nous nous dirigeons. La vérité est peut-être encore plus terrible.

Célébré par la critique, approuvé par les lecteurs, « L’invitée », le dernier roman de l’Américaine Emma Cline, paru à la Table Ronde, est un petit chef d’œuvre. Alex est une paumée, une jeune femme qui profite de sa beauté pour vivre aux crochets des hommes, sans prendre aucune responsabilité. Elle est aussi un peu voleuse. Elle a du quitté New York pour fuir Dom, son ami avec qui elle s’est mal comportée. Elle s’est réfugiée chez Simon, à Long Island, pour passer l’été au soleil. Mais quand Simon doit recevoir sa fille adolescente, il prie Alex de déménager. C’est l’affaire d’une semaine, se dit-elle, ensuite elle reviendra. Il faut juste trouver des proies faciles, pour tenir une semaine. On suit ses tactiques élaborées pour se faire inviter, nourrir, comment elle séduit les enfants pour profiter des parents, le tout sans un sous vaillant. Il règne dans ce roman une ambiance quasi-magique et envoûtante. Emma Cline nous fait découvrir les revers d’une société, à travers le regard de celle qui en profite.

Roman du Médoc, de la vie douce, « Atlantique » de Marie Lacire, paru chez Plon, est un livre d’ambiance. La Parisienne Anne, écrivaine, se retrouve coincée avec Phil dans sa maison de vacances, une demeure abandonnée où la nature a repris ses droits. Elle n’arrive plus à écrire, la citadine, confrontée à ses souvenirs et à la nature qui l’environne et lui parait menaçante. Elle va rencontrer un romancier célèbre et reconnu : est-ce la porte de sortie ?

                                                                         Jean-Luc  Aubarbier.

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