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by • 25 juillet 2022 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 22 juillet 2022.62

Essor Sarladais du 22 juillet 2022.

La Guerre dans ma tête.

Le Tour des Livres.

    On les croyait perdu, ces manuscrits volés dans l’appartement de Céline au moment de la Libération. Ce n’est pas un, mais quatre romans, en grande partie achevés, qui ont été retrouvé. Les éditions Gallimard viennent de publier le premier d’entre eux, intitulé « Guerre ». La lecture de son chef d’œuvre, « Voyage au bout de la nuit », laissait entendre combien Louis-Ferdinand Céline avait été traumatisé par son expérience dans les tranchées. Rédigé deux ans après le « Voyage », « Guerre » raconte, sous forme romanesque, cette douloureuse expérience : la mort des camarades, la douleur de la blessure. « J’ai attrapé la guerre dans ma tête » écrit-il, pour parler de la grande misère physique et moral de l’être humain. Cette presque biographie nous en apprend sur Céline, et permet de comprendre, sans l’excuser, ce nihilisme qui l’a conduit vers des délires antisémites.

A l’heure de la guerre en Ukraine, il est bon d’essayer de comprendre le comportement du chef de la Russie : Vladimir Poutine. Dans « Le Mage du Kremlin », publié chez Gallimard, Giuliano da Empoli nous livre, sous forme de roman, les fausses confidences de Vadim Baronov, celui qui avait l’oreille de Poutine. A travers l’œuvre de Zamiatine, écrivain des années Vingt, l’auteur nous montre la succession naturelle et pérenne entre régime des tsars, communisme soviétique et dictature poutinienne. Une société russe qui préfère la théorie à la réalité, la nostalgie à l’adaptation au futur, les privilèges à la justice, la servitude volontaire à la liberté.. « Quand tu grandis auprès d’un personnage hors du commun, la seule révolte possible est le conformisme. » Le secret de Poutine est d’avoir su recréer l’histoire de la Russie, en respectant l’âme de son peuple.

Roman noir sur l’Amérique des années 50, au titre étonnant : « Et nous nous enfuirons sur des chevaux ardents », le premier roman de Shannon Pufhal, édité chez Albin Michel, est un tableau passionnant et poignant. Muriel a suivi son mari en Californie et trompe son ennui sur les champs de courses. Son beau-frère, Julius, chargé de repérer les tricheurs au casino de Las Vegas, tombe amoureux de l’un d’eux et va tout miser sur lui. Une époque où les interdits ne sont pas levés, où la liberté se heurte aux conventions sociales, où les luttes sont encore à mener.

Chez Robert Laffont, le cinéaste Régis Warnier nous propose « La dernière vie de Julia B. ». Actrice sur le déclin, Julia Beller s’’est retirée du monde du cinéma et vit dans ses souvenirs. Un soir, Abdul, un jeune trafiquant, se réfugie dans son château pour échapper à la police. Une complicité nait de cette rencontre improbable. Julia éprouve un sentiment maternel pour le jeune homme et voudrait lui assurer un avenir. Lui ne supporte pas qu’elle ait un amant.

                                                               Jean-Luc  Aubarbier.

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