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by • 17 mai 2024 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 17 mai 2024.407

Essor Sarladais du 17 mai 2024.

Du Quercy jusqu’au ciel.

Le Tour des Livres.

Frédéric lesur, notre voisin du Gourdonnais, est un écrivain discret et rare. Il vient de publier, aux éditions Rivière Rouge, « C’est où, toujours ? » que j’ai eu l’honneur et le plaisir de préfacer. C’est l’histoire de Lucas, un enfant brutalement éjecté du paradis de l’enfance, à la mort de son père. Il était déjà rêveur, solitaire, passionné par l’écriture. Il devient la victime idéale pour les harceleurs. Résigné à son sort misérable, aspirant à des idéaux inatteignables, il est aidé par un enseignant, puis il parvient à construire une personnalité grâce au sport. Très habilement, le roman est construit selon les couleurs des ceintures du judoka. Mais il n’y a pas de miracle dans ce roman de résilience. Les blessures de l’enfance ne guérissent jamais tout à fait. La vie de Lucas, les métiers qu’il exercera, seront entachés par la souffrance des premières années. Une lumière surgira, tardivement, avec la rencontre de Sylvaine (un prénom prédestiné) et la découverte de la nature, dans le Cantal. Un roman à lire attentivement, il est plein de richesses et d’émotions. 

Originaire du Quercy Blanc, Bertrand Touzet a choisi l’Irlande pour situer son beau roman « Ton silence m’appartient », publié aux Presses de la Cité. Face aux iles d’Aran, les falaises de Kilkee sont le rendez-vous des suicidaires. Depuis que sa fille Sinead, s’est jetée dans la mer, Sean veille à intercepter les candidats au grand saut. Il appréhende que son gendre, Cilian, ne suive le même chemin…   Il est plus seul qu’un chien perdu depuis la mort de son épouse et le départ de leur fille Moïra. Sean veille aussi sur Liam, un paumé qu’il a recueilli. Une bonne action récompensée puisque Liam sauve Moïra, revenue au pays, enceinte et abandonnée. C’est aussi un roman de la résilience. Bertrand Touzet aime écrire sur la guérison des corps et des âmes. Sur fond de paysages magnifiques, de falaises, de vent et de pluie, c’est le roman de la présence au monde, du salut, du vide et de l’absence. C’est très beau.

L’Alsacienne Geneviève Senger a choisi le Quercy comme terre d’adoption. Elle y situe son roman « La Terre était si bleue », paru chez Calmann Lévy, une autre histoire de résilience. 1918 : Adrien, prisonnier des Allemands, peut enfin regagner sa ferme, près de Rocamadour, et épouser Adèle, sa fiancée. Mais rien n’est plus comme avant. C’est un homme infirme, amoindri, qui a retrouvé les siens ; il n’a plus goût à rien. A l’hôpital, en Alsace, il a rencontré l’infirmière Maria-Carolina ; c’est elle qu’il aime à présent. Son frère Arthur, rentré indemne des tranchées, se donne corps et âme à la terre. Aidé par Adèle, il entreprend de cultiver de la lavande en Quercy. Adrien soupçonne une liaison entre son frère et sa femme. C’est vrai qu’Arthur aime Adèle qui, de son côté, finit par délaisser ce mari devenu fou…

Abandonnons le Quercy pour le Bassin d’Arcachon où de nombreux Sarladais ont passé leurs premières vacances. Ils retrouveront leur souvenir d’enfance dans le beau livre de Chantal Thomas, « De sable et de neige » qui vient de sortir en poche chez Folio. Parties de pêche et baignades sont au cœur de cette splendide fresque qui célèbre la beauté des choses et la puissance de leur silence.

                                                               Jean-Luc  Aubarbier.

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