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by • 8 avril 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 9 avril 2021.136

Essor Sarladais du 9 avril 2021.

Polars et dépression.

Le Tour des Livres.

    Olivier Merle (le fils de Robert, bien connu en Sarladais), se lance dans le polar avec « Dans l’ombre du loup » publié chez X.O. Rennes, la ville où l’auteur à passé son enfance, sert de toile de fond au récit. Le commandant Hubert Grimm vient d’y être muté, et c’est une sanction, suite à son mauvais comportement. Il souffre de climato-dépression, et, obsédé par la destruction de la planète, il doit suivre un traitement avec une psy. Aidé par Ermeline, lieutenant de police, il est chargé de surveiller un notable local, Kerdegat, qui a reçu des menaces. Des lettres anonymes le traitent d’assassin. C’est un être désagréable et suffisant. Bientôt, un cadavre découpé en morceaux est abandonné devant chez lui. L’enquête va mener les flics vers un club sadomasochiste. Une intrigue rondement menée. On espère retrouver très vite Grimm et sa curieuse maladie mentale.

Reykjavik est le cadre de « La pierre du remords » (éditions Métailié) où l’Islandais Arnaldur Indridason réanime son héros, Konrad, un flic récemment retraité. Valborg, une vieille femme a été retrouvée assassinée à son domicile. Elle lui avait demandé de retrouver l’enfant qu’elle avait abandonné à sa naissance, cinquante ans plus tôt, suite à un viol. Il comprend vite que des voisins, voyeurs, ont observé le meurtre à la jumelle. Lui-même est obsédé par l’assassinat de son père, un escroc. L’enquête nous conduit dans les bas-fonds de la ville, les réseaux de vendeurs de drogue, les clochards, avec la dose de dépression qui anime habituellement les polards nordiques.

Nick Corey, shérif dans l’Utah, le héros que Richard Morgiève a placé dans son roman « Le Cherokee » (Folio et Joëlle Losfeld), n’est pas au mieux de sa forme. Traumatisé par la guerre contre les Japonais et l’assassinat de ses parents, il souffre d’hallucinations, croit voir des Indiens et des pumas blancs. Que doit-il croire lorsqu’une nuit de 1954, il voit un avion de chasse Sabre se poser sur la route, sans pilote à son bord ? Tout près de là, il retrouve une voiture abandonnée. Une femme a disparue. Enquêteur instinctif, Corey se lance sur les pistes qu’il sent autour de lui, sans ordre apparent, en interprétant les signes de la nature. Dans ce désert qui grouille de militaires, à l’époque des soucoupes volantes et de la guerre de Corée, il ne sait pas où il va mettre les pieds. Un thriller très américain, écrit par un auteur français. Un style déchiré qui évoque James Ellroy.

La Méditerranée, Marseille, l’ile de Lesbos et le Proche-Orient sont le cadre du dernier polar noir que Xavier-Marie Bonnot publie chez Belfond « Les vagues reviennent toujours au rivage ». Son héros récurrent, Michel de Palma, dit le Baron, flic à la retraite, vit sur son bateau à Marseille. On vient de retrouver Thalia, la femme qu’il a aimée, morte dans son appartement. Pourquoi cette femme médecin, très engagée dans l’humanitaire, se serait-elle empoisonnée ? Hélène, la sœur de Thalia, lui demande de reprendre l’enquête. De Palma soupçonne un mouvement d’extrême-droite anti-immigrés de l’avoir assassinée. Il veut retrouver Amira, la jeune réfugiée Syrienne qu’elle avait sauvée d’un naufrage, sur l’ile de Lesbos. Après avoir fuit l’enfer de Raqqa, elle est enfermée dans Moria, le camp de la honte.

                                                                Jean-Luc  Aubarbier.

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