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by • 31 juillet 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 30 juillet 2021.180

Essor Sarladais du 30 juillet 2021.

UN VENT MAUVAIS.

Le Tour des Livres.

   Y a-t-il des limites à la création littéraire ? Tel est le sujet de l’excellent roman « L’audacieux monsieur Swift », publié chez Jean-Claude Lattès par l’Irlandais John Boyne. Maurice Swift n’est encore qu’un écrivain en herbe lorsqu’il rencontre Erich Ackerman, un célèbre romancier allemand. Séduit par la beauté du jeune homme, Ackerman lui confie un terrible secret datant du temps où il était membre des Jeunesses Hitlérienne. Swift s’empare de l’histoire et, sous forme de roman, en fait un best seller. Ackerman se suicide, et Swift ne pourra jamais renouveler son succès. Douze ans plus tard, vivant sur sa réputation, il a épousé Edith, une jeune femme qui ne croie pas en son propre talent littéraire et donne des cours d’écriture. Elle rédige un roman que son époux lit en cachette et juge excellent. Pourra-t-il renouveler le vol d’une histoire ? Un roman qui se lit comme un thriller, traitant de l’impuissance à créer (les trois écrivains ne produisent, en fait, qu’un roman chacun),  de l’ambition déplacée et de l’oubli qui vient après la gloire. 

Paru au Cherche-Midi, « Alabama 1963 » est un roman américain écrit par deux Français : Ludovic Manchette et Christian Niemiec. A Birmingham, en Alabama, dans les années 60, le monde est manichéen. Ils y a les Blancs, et les Noirs. Ségrégation, racisme, violence sont monnaie courante. Adela, qui travaille comme femme de ménage chez plusieurs patronnes blanches, accepte sont sort, comme ses congénères. Certains de ses « maitresses » sont des peaux de vache, mais même les plus gentilles ont un racisme au fond du cœur. Lorsqu’une fillette noire est retrouvée assassinée, la police (blanche) ne s’en préoccupe guère. D’autres fillettes disparaissent. Bud Larkin, un détective blanc, alcoolique et tout aussi raciste que les autres, se charge de l’affaire. Un bon roman sur les ravages du séparatisme.

Un été de 1969 qui changera la vie de trois générations de femmes, tel est le sujet du roman de l’Américaine Elin Hilderbrand, paru aux Escales : « Un été à Nantucket ». Toute la famille a l’habitude de se réunir, pour les vacances, sur l’ile de Nantucket, dans la maison de l’autoritaire grand-mère Exalta. Mais cette année 69 n’est pas comme les autres. Richard, dit Tiger, le seul garçon de la famille, vient d’être appelé au Viet Nam. Kate, sa mère, est en plein désespoir. Sa fille ainée, Blair, enceinte, ne peut pas venir. Elle aussi est en proie à un profond désarroi car elle n’est pas heureuse avec son mari, Angus, un scientifique égoïste. Kirby, la cadette, a décidé de travailler sur l’ile voisine de Martha’s Vineyard. A 21 ans, elle est révoltée et milite pour la paix et les droits civiques. Jessie, la benjamine, se retrouve seule entre Exalta et Kate. A treize ans, elle n’a pas encore son mot à dire, mais elle n’en pense pas moins.

Avec « La Femme qui en savait trop », paru aux Presses de la Cité, l’Américaine Marie Benedict romance la vie de l’actrice Hedy Lamar. D’origine juive, elle épouse, en 1933, un proche de Mussolini. Ce mari violent, censé la protéger, va très vite se rallier au nazisme. Réfugié aux Etats-Unis, Hedy Lamar va se révéler surdouée pour le codage des transmissions radios et travailler pour la défense nationale.

                                                                     Jean-Luc  Aubarbier.

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