CRIMES DE GUERRE.
Le Tour des Livres.
Dans mon roman « Le Champ des Martyrs » (Presses de la Cité et de Borée poche), j’avais évoqué l’exécution de prisonniers allemands par la Résistance, à Saint-Julien-de-Crempse, près de Bergerac, en septembre 1944, en représailles à l’assassinat de villageois. Un épisode identique, raconté en détail par le journaliste Pierre Vignaud et l’historien Hervé Dupuis » dans leur livre intitulé « Meymac » (édition de Borée) s’est déroulé en Haute-Vienne, en juin 1944. Avant l’attaque de Tulle par la Das Reich et le massacre bien connu des habitants, la résistance locale avait fait prisonniers 47 soldats allemands et une Française travaillant pour eux. Ne pouvant les nourrir ni les garder, il fut décidé de les fusiller au bois d’Encaux, à Meymac. Pour l’affaire périgourdine, le secret fut conservé jusqu’en 2003. En Limousin, le dernier témoin (comme en Périgord) décida de parler, en 2023. Les squelettes n’ont pu être retrouvés et des zones d’ombre persistent dans cette histoire. Les crimes nazis, bien sûr, ne sauraient justifier ces actes, condamnés par la justice. Comme l’a écrit André Malraux dans « L’Espoir » : il peut y avoir des guerres justes, mais il n’y a pas d’armées innocentes. »
C’est au plus grand procès pour crime contre l’humanité, et le premier d’entre eux, que le reporter Alfred de Montesquiou consacre son roman « Le Crépuscule des hommes » paru chez Robert Laffont. A partir de novembre 1945, la ville de Nuremberg reçoit les membres du tribunal qui va juger les crimes des nazis. Les journalistes du monde entier, et les plus célèbres, se pressent aux audiences. Tous les personnages du roman ont réellement existés. Autour de Ray, photographe américain qui couvre l’évènement, Didier, le journaliste français (et juif) et Madeleine, journaliste communiste, on croise Dos Passos, Martha Geilhorn (reporter de guerre et épouse d’Ernest Hemingway), Aragon, Kessel, et beaucoup d’autres. L’auteur décrit avec précision le cérémonial du procès et l’ambiance délétère qui l’entoure.
Dans son premier roman « Les Amants de la France Libre », paru chez Albin Michel, Jean-Yves Pitoun s’est inspiré de l’histoire de son père pour animer la rencontre de trois personnages que rien ne prédestinait à vivre une telle aventure ensemble. Janine, veuve d’un pilote français mort au combat, rejoint une filière d’évasion des aviateurs alliés vers l’Espagne. Elle y croise Robert, issu de la communauté juive de Kabylie, venu se battre en France, et Mike, un pilote américain abattu au-dessus de la France, et qui cherche à regagner l’Angleterre.
Né au Brésil, Samir Machado de Machado écrit aussi bien en portugais qu’en français. C’est dans sa langue natale qu’il a composé « Le Crime du bon nazi », paru chez Denoël. En 1933, un meurtre est commis à bord d’un Zeppelin qui traverse l’Atlantique. Bruno, un jeune inspecteur de police qui se trouve à bord, est chargé de l’enquête. Tous les passagers sont allemands, tous sont suspects. Le mort possédait deux passeports et il était homosexuel. Un polar qui rend l’ambiance d’une époque.
Jean-Luc Aubarbier.



Inauguration de la médiathèque de Sarlat, le samedi 30 août 2025. Article suivant