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by • 27 mai 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 28 mai 2021.90

Essor Sarladais du 28 mai 2021.

Héros, salauds et histoires vraies.

Le Tour des Livres.

    Quatre romans qui se passent pendant les années terribles 1939- 1945, mettent en scène des personnages aux motivations ambigües. Le journaliste allemand Takis Würger a romancé, sous le titre « Stella » (éditions Denoël), l’histoire vraie de Stella Goldschlag. Un jeune peintre suisse, Friedrich, rencontre à Berlin, en 1942, une certaine Kristin dont il tombe amoureux. Un matin, elle cogne à sa porte, elle a été arrêtée, torturée par la Gestapo. Elle lui révèle qu’elle se nomme Stella, qu’elle est juive et que les nazis veulent qu’elle infiltre et dénonce les juifs clandestins cachés en Allemagne. Sinon, elle sera déportée avec son père et sa mère. Sous la contrainte, elle collabore, mais semble en même temps agir avec zèle. Même après la mort en camp de ses parents, elle poursuivra sa sombre tâche. Lors de son procès, on découvrira qu’elle a envoyé à la mort entre 600 et 3000 juifs. Elle sera condamnée à dix ans de prison. Elle se suicidera en 1994.

Pour son premier roman, le suédois Daniel Birnbaum nous raconte l’histoire de son grand-père, Immanuel, sous le titre « Dr B. » (Gallimard). Fils du chantre de la synagogue de Königsberg, Immanuel s’est réfugié en Suède et converti au protestantisme en 1939. A Stockholm, il devient agent double. D’une part, il travaille pour les Anglais dont le mot d’ordre et « coupez la route du fer » pour empêcher l’approvisionnement de l’Allemagne. Mais de l’autre, il renseigne les Allemands pour empêcher que les Britanniques ne fassent sauter le port d’Oxelösund. Stockholm est un nid d’espions et personne ne pourra déterminer s’il trahit volontairement ou s’il croit avoir affaire à des Suédois et non à des nazis. Il sera arrêté par les autorités suédoises qui, pour garder leur neutralité, ménagent la chèvre et le chou.

Histoire peu croyable, et pourtant rapportée par un témoin actif, Otto B. Kraus que cette classe faite aux enfants du Bloc 31, en plein Auschwitz.  Les éditions City ont choisi de la publier sous le titre « Le Camp des Enfants ». Kraus a préféré le mode romanesque pour raconter son expérience, et se met en scène sous le nom d’Alex. Avec quelques professeurs, il est désigné pour animer une classe pour de jeunes élèves que l’on conserve en vie dans ce camp d’extermination. Une chance pour survivre, mais aussi pour défier ses bourreaux en créant, au milieu de l’enfer, une oasis de normalité. Un petit geste avec une grande portée.

Dans le même camp vont se retrouver les deux personnages que J.R. dos Santos met en scène dans « Le magicien d’Auschwitz », publié chez Hervé Chopin éditions. Réfugié à Prague avec sa famille, Herbert Levin est arrêté par les nazis en 1939. Il est un célèbre magicien, connu sous le nom de « Grand Nivelli ». Passionnés par les sciences occultes, les S.S. espèrent utiliser ses pouvoirs supposés. Francisco Latino, engagé dans la légion Azul de volontaires franquistes, combat à Leningrad en 1943. Persuadé du bien-fondé des idéaux nazis, il est envoyé comme gardien à Auschwitz. Le destin des deux personnages que tout oppose, vont se croiser dans cet enfer.

Jean-Christophe Portes a prêté sa plume à Colette Brull-Ulmann pour rédiger avec elle « Les enfants du dernier salut » qui vient de sortir chez Poche. Elle est le dernier acteur d’un réseau qui permit à des centaines d’enfants juifs d’échapper à l’horreur des camps d’extermination nazis.

                                                                     Jean-Luc  Aubarbier.

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