DROLES DE DAMES.
Le Tour des livres.
Muriel Romana qui vit à Périgueux, est une autrice majeure dans le domaine du roman historique. Avec « Les courtisanes de Venise », paru chez Albin Michel, elle nous livre le second volet de sa série « L’escadron volant ». Catherine de Médicis a engagé à son service quatre filles formidables, belles, intelligentes et pas toujours scrupuleuses. On croirait lire un épisode des « Charlie’s angels ». Louise, Claudine, Isabeau et Madeleine sont chargés d’espionner les grands seigneurs, jusque dans leur lit. Dans ce roman, elles se lancent sur la piste de Montgomery, qui a accidentellement tué le roi Henri II en tournoi, et qui s’est réfugié à Venise. Le comte hésite à se mettre au service des Turcs ou des Huguenots. L’escadron volant doit le ramener en France. Muriel Romana utilise des personnages tout à fait historiques pour son roman, et la plupart ont un lien avec le Périgord. Louise, dite la belle Rouet, a été la maitresse de Brantôme et de Montaigne. Claudine est la cousine de ce même Brantôme qui joue un rôle dans l’intrigue. Isabeau de Limeuil est dame de Lanquais. Nostradamus (interprété par le Périgourdin Charles de Fontbrune) et Anne du Bourg, professeur de La Boétie, condamné au bûcher, apparaissent aussi. Une réinterprétation très réussie des « Dames galantes » du même Brantôme.
C’est également à Venise, mais au XVIII° siècle, que Mireille Calmel situe son nouveau roman « Le Masque et la lame », paru chez XO. On y découvre également un personnage historique : Maria Marina Morosini, une superbe blonde aux yeux verts, religieuse le jour, bras armé de la Quarantia Criminale la nuit. Cachée derrière un masque, guidée par son fidèle gondolier, elle rend une justice expéditive en éliminant les êtres mauvais. On la traque, on ne la possède jamais, elle est impitoyable. Venise, comme dans le roman de Muriel Romana, est présentée comme une ville sulfureuse, vouée aux plaisirs de la chair et des sens, moderne et emplie de mystères. La contessa ne se contente pas de chasser pour les juges, elle a également sa propre vengeance à mener. Une histoire fascinante.
Chez de Borée, Véronique Chauvy nous raconte un destin de femme libre dans « La Chance sourit aux audacieuses ». Dessinatrice douée, Virginie n’entend pas se laisser enfermer dans le mariage auquel la destine son père, ni même à rester dans son Auvergne natale. En ce début du XX° siècle, elle gagne clandestinement Paris où tout se joue dans le domaine des arts. Entre Art nouveau et Art déco, elle va se faire une place au soleil, dans un parcourt semé d’embûches.
Secret de famille pour Morgane Alvès avec « Les Notes invisibles » paru chez Flammarion. Valentine retrouve son frère Antoine dans un village normand, à l’occasion des obsèques de leur père. Une inconnue leur remet une lettre mystérieuse dans laquelle la jeune femme ne reconnait pas le défunt. Tandis qu’Antoine se détourne de la chose, elle décide de lever le voile sur le passé.
Jean-Luc Aubarbier.



Essor Sarladais du 1 août 2025. Article suivant
Inauguration de la médiathèque de Sarlat, le samedi 30 août 2025.