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by • 14 janvier 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 15 janvier 2020.360

Essor Sarladais du 15 janvier 2020.

RÊVE AMERICAIN.

Le Tour des Livres.

Attention, chef d’œuvre. Avec  « Retour à Martha’s Vineyard » publié chez Quai Voltaire – La Table Ronde, Richard Russo nous offre un roman dans la plus grande tradition de la littérature nord-américaine. La soixantaine passée, ils sont trois amis de fac à se retrouver sur l’île de Martha’s Vineyard, le lieu de leur dernier rendez-vous, quarante ans plus tôt. Lincoln est un homme d’affaire qui a réussi. Marié à Anita, il a six enfants. Teddy, petit éditeur, est un solitaire qui n’a jamais trouvé sa voie. Mickey, qui arrive sur sa Harley-Davidson, est un musicien en fin de carrière. Ils sont venus faire le point, déballer leurs insatisfactions : Lincoln, écrasé par l’image paternelle, Teddy, par la solitude, Mickey, par un vide mal caché. Mais surtout, ils veulent savoir ce qu’est devenue Jacy, la fille dont ils étaient tous les trois amoureux, qui devait en épouser un autre, et qui a disparu, au dernier jour de leur séjour sur l’île. Plus jamais ils n’ont eu de nouvelles. Un roman douloureux sur la fin de l’adolescence, sur les déceptions de l’existence, sur la fidélité aux souvenirs. Le portrait d’une jeunesse hippie sur fond de guerre du Viet Nam, et qui n’a pas su se ranger des voitures.

Autre grand roman américain : « Betty », de Tiffany McDaniel, publié chez Gallmeister. L’auteure raconte l’histoire de sa mère, la Petite Indienne, née d’un père cherokee et d’une mère blanche, dans l’Ohio. Dans une langue extrêmement poétique, elle ressuscite l’univers chamanique et mythologique hérité de son grand-père. Etre cherokee, c’est une certaine manière de cohabiter avec la terre, d’apprécier la sagesse de la Nature, de vivre en esprit. Dans un environnement raciste où l’humiliation du père au travail précèdera ses propres tourments à l’école, Betty mettra en scène la perte de l’innocence de l’enfant, et la découverte que nous avons le monde en commun. La magie y est exposée dans toute sa beauté, sans les fioritures occidentales habituelles. 

Troisième grand roman américain, signé Jeanine Cummins et publié chez Philippe Rey. « American Dirt » raconte la fuite vers le rêve américain d’une mère et de son fils de huit ans. Rien ne poussait Lydia à quitter Acapulco pour gagner les Etats-Unis avec Luca. Libraire, mariée à Sebastian, un journaliste, elle menait une vie agréable d’intellectuelle bourgeoise. Mais Sebastian a publié un article dénonçant le chef du cartel de la drogue. Par une belle journée d’anniversaire, Lydia a vu tous les siens, seize personnes, massacrées, dont son mari et sa mère. Elle doit fuir la colère des trafiquants, dont le pouvoir s’étend sur tout le Mexique. Avec Luca, elle se cache parmi le troupeau de migrants voyageant sur le toit du train qui file vers le nord. Elle y découvre la pauvreté, la violence mais aussi la solidarité qui y règne. Les tueurs du cartel sont toujours à ses trousses. Leur chef, elle le connait bien. Il était client de sa librairie et ils avaient sympathisé. Mais à l’époque, elle ne savait pas qui était Javier, cet érudit qui lui offrait des fleurs.

Achevons par ce classique de la littérature policière : « L’inconnu de la forêt » d’Harlan Coben, paru chez Belfond. Wilde, un enfant de sept ans, a été découvert dans la forêt du New Jersey. Nul ne sait comment il a pu survivre seul dans cet environnement hostile. A l’âge adulte, devenu enquêteur, il doit rechercher Naomi, une lycéenne solitaire, disparue elle aussi. Puis c’est un jeune garçon qui manque à l’appel. Cette étrange affaire va révéler un secret d’état aux ramifications particulièrement dangereuses. 

                                                                           Jean-Luc Aubarbier. 

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