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by • 10 juin 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 11 juin 2021.69

Essor Sarladais du 11 juin 2021.

Yves Viollier en mode Renaudot.

Le Tour des Livres.

  Il est bien rare que les jurés du Renaudot sélectionnent un roman et un auteur classés « terroir ». Ils n’ont pourtant pas hésité à choisir « Le Temps de l’enfance » d’Yves Viollier, publié aux Presses de la Cité, dans la collection Terre de France, pour la première sélection du prestigieux prix. Ils ne se sont pas trompés, tant l’ouvrage, dont le titre est un hommage à Marcel Pagnol, est remarquable. Neuf souvenirs, neuf personnages réels ou imaginaires, nous font découvrir en creux Antoine, l’alter ego du romancier, dont l’enfance se situe entre Vendée et Charente. Car la construction de soi se fait sur la mémoire des premières années de la vie. La sensation de l’enfant sur le vélo de sa mère, le souvenirs des poules de sa grand-mère, le premier émoi amoureux auprès de la garde-barrière, à l’âge où l’on est encore un enfant, la tentation du séminaire, dans une région où la religion pèse de tous son poids, les rencontres avec celui qui a quitté sa terre, et celui qui y est resté attaché. J’ai adoré le chapitre intitulé « Petit Pierre », un personnage intemporel dont les aventures pourraient tout aussi bien se situer pendant la Résistance, qu’à l’époque des massacres vendéens.

C’est à Montpellier, à la fin du XIX° siècle que la romancière sarladaise Adeline Yzac situe son dernier roman « Fille perdue » paru à la Manufacture des Livres. Avec sa belle écriture ciselée et musicale, elle narre les déboires d’Anicette, 12 ans, fille d’un riche quincailler, qui a été vue en train de se caresser. Déclarée ‘vicieuse’, elle est mise au banc de sa famille et enfermée dans une institution religieuse chargée de la redresser. Elle se retrouve en compagnie de filles abandonnées par leur mère, nées de père inconnu. Elle doit se repentir et racheter sa ‘faute’. Foin des superstitions, passons à la science, à la modernité ! Hélas ! Si elle n’est pas possédée, c’est qu’elle est hystérique (la psychanalyse débute). Pour calmer les ‘excitées’, à l’époque, on pratiquait l’excision. Car il était bien connu qu’une femme n’était pas faite pour avoir du plaisir, mais pour donner le jour à des enfants.

C’est également aux Presses de la Cité, et entre Savoie et Bretagne, que Gérard Glatt publie son dernier roman « Gailland, père et fils ». Depuis 28 ans, Chris est coincé dans un fauteuil roulant. Avec cinq copains, ils avaient fêté la fin de leurs études à Chamonix. Puis ce fut l’accident, et lui seul sanctionné. Son père veut reconstruire l’histoire de son fils, avec le secret espoir qu’il puisse remarcher un jour. Il entreprend de retrouver les cinq copains de l’époque. 

Chez Calmann-Lévy, Françoise Bourdon a choisi la Provence pour cadre de son roman « Pour oublier la nuit ». Le jour de ses vingt ans, Julie, fille d’un maitre-faïencier, découvre le récit que sa mère à laissé. Elle révèle la conspiration diabolique dont elle a été victime de la part d’aristocrates aixois. Elle est parvenue à leur échapper, mais ce fut pour mourir lors de l’épidémie de peste de 1720. Julie entreprend de se rendre à Aix-en-Provence, pour venger sa mère. Elle ne sait pas encore qu’elle s’attaque à des hommes puissants et fortunés.

                                                                    Jean-Luc  Aubarbier.

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