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by • 9 juin 2022 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 10 juin 2022.70

Essor Sarladais du 10 juin 2022.

JOUER AVEC L’HISTOIRE.

Le Tour des Livres.

Pour son premier roman, « La seconde vie d’Eva Braun », paru chez Robert Laffont, Gregor Pean mêle habilement la réalité historique et l’uchronie. On songe au « Herr Gable » (Belfond) de Jean-Baptiste Lentéric, chroniqué dans ces colonnes. Dans le bunker berlinois, encerclé par l’Armée Rouge, en ce 18 avril 1945, Adolf Hitler s’apprête à mettre fin à ces jours, avec sa maitresse, Eva Braun, qu’il vient d’épouser. Autour de lui, Goebbels et ses proches ne font plus la distinction entre réalité et fantasme. C’est la vérité du nazisme. Mais le Führer veut sauver la vie de sa bien-aimée, en l’envoyant à Berchtesgaden, tandis qu’un sosie sera sacrifié à sa place. Naïve, ingénue, un peu stupide, la blonde Eva ne comprend rien à ce qui se passe, avant de se retrouver enfermée dans le coffre d’une voiture. Capturée, Eva se retrouve entre les mains de Staline, au cœur des mensonges soviétiques qui valent ceux des nazis. Un roman plaisant, à l’écriture résolument moderne (à la manière d’un Jean Teulé).

Premier roman également pour Didier Porot avec « Suite algérienne » chez Albin Michel. L’auteur y pose son pays natal, l’Algérie, comme héros de son récit. En 1830, les cent navires de la flotte de Charles X ont pris pied en Afrique du Nord. Quatre ans plus tard, le jeune baron de Viannac débarque à son tour, avec sa femme, Anne. Accompagné de ses amis, les jumeaux Bernard er Beaudire, ils ont quitté les bords de la Garonne pour une vie d’aventures. Européens, arabes, juifs, kabyles, les populations se mêlent avec plus ou moins d’harmonie.  Nous suivons, jusqu’à l’indépendance de 1962, la vie sur le domaine de Viannac, des descendants de ces premiers colons. Une écriture classique, proche des mœurs et des évènements.

Les éditions Séguier rééditent un classique de la littérature américaine, « Le Cavalier de la nuit » de Robert Penn Warren. Au début du 20 siècle, entre le Tennessee et le Kentucky, les petits producteurs de tabac doivent faire face aux grandes compagnies qui les réduisent à la misère. Ils se rassemblent au sein d’une société secrète aux méthodes expéditives : les Cavaliers de la Nuit. Leur jeune avocat, Percy Munn, doit choisir entre la voie légale et la violence, le respect des institutions et la justice sociale. « La nuit s’était faite en lui » écrit l’auteur. Un roman contemporain de « La route au tabac » d’Erskine Caldwell, mais sans la bouffonnerie du second.  

C’est la mécanique de l’Histoire, tout autant que la machinerie de la guillotine qui mène le fil de l’intrigue dans le roman de Philippe Hugon, publié chez de Borée, « La mécanique de l’ange ». En avril 1793, la machine à tuer fonctionne à plein régime et le bourreau Sanson a besoin d’un aide. Celui qui se présente n’a pas la tête de l’emploi : François Dambrun a un visage de chérubin. Mais derrière son sourire se dissimule une âme noire, calculatrice et ambitieuse.

                                                                                  Jean-Luc  Aubarbier.

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