MENU

by • 16 janvier 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 16 janvier 2026.12

Essor Sarladais du 16 janvier 2026.

Poursuite de la rentrée littéraire.

Le Tour des Livres.

   Sorj Chalandon poursuit son autobiographie romanesque avec « Le Livre de Kells », paru chez Grasset. Fuyant la maltraitance paternelle, il quitte la maison, à 17 ans, avec des rêves de Katmandou (nous sommes en 1970, en pleine période hippie). Il échoue à Paris, vit dans la rue comme un clochard, sombre dans la drogue, flirte avec la délinquance. Ce sont des militants maoïstes de la Gauche Prolétarienne qui vont le sortir de son impasse. Ils sont généreux, idéalistes, il va les suivre dans leur activisme révolutionnaire, jusqu’à faire le coup de poing à leurs côtés contre les militants d’extrême-droite et les policiers. Ces militants deviennent sa famille, lui réapprennent la générosité, la gratuité, le don (dans la rue, tout se paye).  Il est logé, nourri, instruit par eux. Grâce à eux, il se réconcilie avec l’humanité. Kells devient son nom de guerre. L’époque est violente, c’est une manière de faire de la politique. Tout passe, les révolutionnaires vieillissent, « ils sont passés de la lutte des classes à la lutte contre le cholestérol » écrit Chalandon. Lui-même abandonne le combat de rue pour le journalisme, dans un tout nouveau quotidien nommé Libération. Un roman vrai, écrit d’une plume pleine de rage, qui se lit avec passion.

Les romans paysans semblent former une nouvelle école. Avec Franck Bouysse ou Sandrine Colette, on peut classer Antoine Wauters qui a reçu le prix Jean Giono 2025 pour « Haute-Folie », paru chez Gallimard. Josef à quelques souvenirs, probablement induits, de l’incendie qui a détruit la ferme et tuée Blanche, sa mère. Gaspard, son père, s’est pendu dans les ruines. Il est élevé par Léo, son oncle, ravagé par la mort de son frère, et Anna, son épouse. Le ton est naïf, allégorique, avec des allures de contes de fées. Les Démons (les nazis) envahissent la région, veulent envoyer Josef travailler dans leur pays. Il leur échappe, mais il ne peut fuir ses fantômes. Une partie de son passé, de ses racines, lui a été volée. Il voyage à la recherche de sa vie. Un style fulgurant pour nous dire la marginalité et la malédiction.

Avec « Comme en amour », paru chez Actes Sud, Alice Ferney traite un sujet rare et difficile : l’amitié entre un homme et une femme. Marianne est styliste, Cyril, journaliste, vient l’interviewer. Entre eux, c’est le coup de foudre amical. Il la désire, elle non. Ils passent rapidement à autre chose. Ils se téléphonent tous les jours pour échanger des nouvelles, des impressions, des idées. Elle est mariée et Serge est bien un peu jaloux de cette relation rare. Ils se font des confidences ; quand son couple vole en éclat, Marianne en parle à Cyril. Quand Cyril rencontre Julia, il dissimule sa relation à Marianne. Jusqu’au jour où Marianne et Julia deviennent complices.

Chez Denoël, Alexis Salatko, scénariste et écrivain, publie « L’enfant à la tête baissée ». Alio souffre d’un handicap : il est incapable de manger devant autrui. Sa mère le gave de lecture, jusqu’à en faire un écrivain. La guérison de son mal peut-elle tarir la source de son inspiration ?

                                                               Jean-Luc  Aubarbier.

Comments are closed.