MENU

by • 31 janvier 2014 • Mes chroniques littérairesComments (0)16497

Essor Sarladais du 31 01 2014

COUV PRAGUE FATALE

BERNIE GUNTHER A PRAGUE.

Le Tour des Livres.

 

L’Ecossais Philippe Kerr poursuit les aventures de Bernie Gunther, ce policier habile engagé malgré lui dans la SS, avec « Prague fatale », publié aux éditions du Masque. En juin 1942 à Berlin, de retour du front de l’Est où il a assisté au massacre des Juifs lors de la ‘Shoah par balles’, Bernie enquête sur le meurtre d’un ouvrier hollandais, quand il croise la route d’Arianne dont il tombe amoureux. Elle l’accompagne à Prague où le sinistre Heydrich emploie le policier pour sa sécurité personnelle. Bernie tremble un peu à l’idée de servir un maitre qui ressemble à l’ogre de la fable, mais il ne peut s’empêcher de dire ce qu’il pense. Tout le monde sait qu’un complot de la résistance tchèque vise à tuer le cruel Reichsprotektor de Bohême-Moravie. C’est alors qu’un officier proche de Heydrich est assassiné dans sa chambre mystérieusement fermée à clé. Bernie est chargé de démasquer le criminel qui se trouve dans l’entourage immédiat du dignitaire nazi. Le fait que la victime soit homosexuelle et fortement déprimée par son séjour à l’Est peut être une piste ; à moins que l’on ne soit en présence du fameux complot ‘des trois rois mages’ ourdi par les Tchèques. Le suspense est garanti jusqu’au bout du roman qui révèle les rôles respectifs d’Arianne et d’Heydrich. Bernie et Heydrich rentreront tous deux en train à Berlin, le premier dans un compartiment, le second dans un cercueil.

Chez Tallandier, Arnaud de la Croix publie un passionnant « Hitler et la franc-maçonnerie ». Compagne fidèle de la démocratie, la franc-maçonnerie a été interdite et martyrisée par les Nazis. Mais le parti nazi est né d’une secte ésotérique, la société de Thulé, dont la plupart des membres étaient passionnés d’ésotérisme. Fasciné par la franc-maçonnerie, à laquelle il prêtait d’immenses pouvoirs, Hitler a confié à l’un de ses proches « L’organisation hiérarchique et l’initiation par les symboles et les rites, voilà ce que les francs-maçons ont inventé de dangereux et de grand et c’est là l’exemple qu’ils m’ont fourni. » De même que le Nazisme avait transformé le message d’amour de Jésus en un christianisme aryen et raciste, de même il tenta de construire une maçonnerie satanique, tournée vers le Mal. A l’origine, les rites maçonniques associent judaïsme et christianisme (d’où le « complot judéo-maçonnique » dénoncé par les Nazis et les Islamistes), ce qui ne pouvait convenir à Hitler. Les temples maçonniques de toute l’Europe furent pillés et leurs archives confiées à un mouvement SS nommé « l’Héritage des ancêtres ».

Pour Noël, les éditions Albin Michel ont publié une monumentale « Histoire des relations entre juifs et musulmans ». Sous la direction de Benjamin Stora et Abdelwahab Meddeb, cent-vingt auteurs ont planché pour édifier cet ouvrage de référence. Amitiés et conflits y sont relatés, depuis la naissance de l’islam en passant par le développement des cultures à Bagdad, Cordoue et sous l’empire ottoman, jusqu’à la période moderne où la relation s’est considérablement altérée. Notons que le journal Le Point publie un numéro spécial (disponible en janvier et février 2014), sur le même sujet, intitulé « Juifs, Musulmans, les textes fondamentaux commentés ». Dans les deux cas, un travail remarquable.

Passons à des sujets plus légers avec Frédéric Lenormand qui poursuit les enquêtes du philosophe Voltaire, transformé en détective, avec « Crimes et Condiments », publié chez Jean-Claude Lattès. En pleine révolution culinaire, alors que le XVIIIe siècle se met aux plaisirs de la table, un mystérieux assassin sème du poison dans les grands vins, du cyanure dans les tartes et de l’arsenic dans les ragouts. Fins gastronomes, la marquise du Châtelet, l’abbé Linant et Voltaire traquent celui qui gâche leurs agapes. Histoire, humour et bons petits plats constituent un menu fort appétissant pour le lecteur.

Chez Robert Laffont, Kathy Reichs nous propose une nouvelle enquête de Tempérance Brennan, l’héroïne de la série « Bones », avec « L’ange du nord ». Non loin de Montréal, la police retrouve les dépouilles de trois nouveau-nés, successivement abandonnés par leur mère, Amy, une jeune prostituée. Contre toute attente, ce drame sordide, en apparence local, va conduire l’héroïne jusqu’aux mines d’or de Yellowknife, dans le Grand Nord canadien. Amy et sa famille semblent bien avoir été victimes d’un épouvantable complot.

 

                                                                       JEAN-LUC  AUBARBIER.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.